Collaboration fédérale, provinciale et territoriale en matière de promotion de la santé mentale: Résumé du rapport

Produit par le Comité directeur de la promotion de la santé et de la prévention des maladies chroniques, Conseil du Réseau de santé publique

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Objectif et contexte

Ce rapport examine les possibilités d'améliorer la collaboration fédérale, provinciale et territoriale (FPT) en matière de promotion de la santé mentale au Canada. Préparé par l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) et approuvé par le Conseil du Réseau de santé publique (CRSP) en décembre 2025, le rapport répond à la reconnaissance croissante du fait que les résultats en matière de santé mentale de la population sont influencés par des déterminants sociaux, structurels et environnementaux tout au long de la vie. La promotion de la santé mentale est considérée comme une fonction essentielle de la santé publique dans le cadre d'une approche axée sur la santé mentale de la population, en complément des services de prévention, de traitement et de rétablissement.

La promotion de la santé mentale est axée sur le renforcement des facteurs de protection, des environnements favorables et des compétences de vie afin de promouvoir le bien-être mental‑des personnes et des communautés. Bien que les données probantes à l'appui de la promotion de la santé mentale soient bien établies, en tant que pratique, elles restent mal comprises et appliquées de manière incohérente dans toutes les administrations, ce qui limite l'impact collectif et la durabilité du système.

En explorant le paysage FPT canadien actuel, ainsi qu'en cernant les obstacles et les possibilités de mieux promouvoir la santé mentale, ce rapport offre des possibilités de collaboration pour renforcer les efforts de promotion de la santé mentale au Canada.

Santé mentale des Canadiens

Les données de surveillance indiquent une baisse des niveaux de santé mentale positive et des inégalités persistantes touchant des groupes de population particuliers, notamment les jeunes adultes, les peuples autochtones et les personnes défavorisées sur le plan socioéconomique. Ces tendances soulignent l'importance des approches en amont, axées sur le parcours de vie et axées sur l'équité qui tiennent compte des déterminants de la santé mentale plutôt que de s'appuyer principalement sur les services cliniques.

Examen des plans et des stratégies en matière de santé mentale

Un examen des plans provinciaux et territoriaux en matière de santé mentale révèle des variations dans la façon dont la promotion de la santé mentale est définie, priorisée et opérationnalisée. Au moment de cet examen, toutes les stratégies provinciales et territoriales mettent l'accent sur la prestation de services en matière de santé mentale, tandis que l'accent est mis sur la promotion de la santé mentale, plus souvent mentionné que pleinement intégré dans le plan. L'action intersectorielle et l'attention portée aux déterminants structurels de la santé mentale sont courantes parmi les stratégies, tandis que le cadrage explicite du parcours de vie, la mesure du rendement pour la promotion et l'utilisation cohérente d'indicateurs de santé mentale positifs restent limités.

La plupart des plans comprennent des initiatives axées sur les enfants, les jeunes et les groupes de population autochtones. Les approches en matière de bien-être mental des Autochtones varient, certaines administrations faisant preuve d'une intégration plus profonde de la guérison fondée sur la terre, de la continuité culturelle et de la planification communautaire. Ces différences laissent entrevoir des possibilités d'apprentissage commun entre les administrations, notamment la façon dont les provinces et les territoires peuvent intégrer plus largement les modèles de mieux-être autochtones dans leurs stratégies en matière de santé mentale.

Points de vue d'experts en la matière

Les experts en la matière ont systématiquement indiqué que l'absence d'une compréhension commune de la promotion de la santé mentale était un obstacle majeur à une collaboration efficace, à l'harmonisation des politiques et à l'investissement. Les interprétations divergentes des concepts de base, ainsi que la confusion entre la promotion, la prévention et le traitement de la santé mentale, contribuent à la fragmentation de l'action et constituent un obstacle à l'efficacité des interventions.

Les experts ont également souligné l'importance des approches fondées sur le parcours de vie et les contextes. Une approche axée sur le parcours de vie reconnaît que la santé mentale est façonnée par les expériences vécues à toutes les étapes de la vie, en soulignant le rôle de la petite enfance, de l'adolescence et des transitions clés de la vie. Une approche fondée sur le milieu complète l'approche axée sur le parcours de vie en offrant des programmes et du soutien dans des environnements quotidiens où les gens vivent, apprennent, travaillent et socialisent. Les experts ont approuvé ces approches pour aider à intégrer la promotion de la santé mentale dans la vie quotidienne, la rendant plus accessible, pertinente et durable.

Les experts ont suggéré que le rapprochement des connaissances occidentales et autochtones pourrait être un domaine d'action collective. Les cadres de bien-être autochtones ont été identifiés comme des modèles holistiques fondés sur les forces qui mettent l'accent sur l'équilibre, les liens, la culture et l'autodétermination, offrant des orientations précieuses pour des approches plus larges en matière de population et la réconciliation. L'espoir, l'appartenance, le sens et le but – principes mis en avant dans le Cadre du continuum du mieux-être mental des Premières Nations – ont été jugés utiles pour orienter les futurs travaux de promotion de la santé mentale au Canada.

Les experts ont également recommandé de surveiller les nouveaux enjeux nationaux qui ont une incidence sur la santé mentale, comme l'évolution de l'environnement numérique et l'intelligence artificielle (IA), ainsi que les questions économiques, sociales et environnementales plus vastes. Il a également été reconnu que les systèmes de surveillance actuels se concentrent sur les indicateurs de maladie mentale et que le suivi des indicateurs de protection et de bien-être est limité. La création de systèmes disposant de données plus accessibles et désagrégées pour les indicateurs positifs favoriserait une planification et une évaluation plus efficaces des activités de promotion de la santé mentale.

Recommandations pour la collaboration

Le rapport cerne trois domaines où une collaboration fédérale, provinciale et territoriale coordonnée pourrait renforcer considérablement la promotion de la santé mentale au Canada. Ces recommandations ne sont pas des engagements. Ils servent plutôt de résumé de la recherche et de la mobilisation effectuées, en s'appuyant sur ce qui a été appris grâce à la mobilisation d'experts en la matière, à l'examen des plans provinciaux et territoriaux et à la littérature.

Établir une compréhension commune de la promotion de la santé mentale

Les partenaires fédéraux, provinciaux et territoriaux pourraient collaborer pour établir un langage, des concepts et des attentes communs en matière de promotion de la santé mentale.  Il s'agit notamment de clarifier les distinctions entre la santé mentale et la maladie mentale, les interventions en amont et en aval et la promotion, la prévention, le traitement et le rétablissement dans un cadre de santé mentale de la population. Une plus grande cohérence dans le langage et les messages aiderait à faire en sorte que la promotion de la santé mentale soit comprise comme une fonction fondamentale de la santé publique plutôt que comme une activité complémentaire.

Les mesures de collaboration pourraient inclure l'élaboration conjointe  de récits et de produits d'information fondés sur des données probantes qui articulent les avantages sanitaires, sociaux et économiques de la promotion de la santé mentale, y compris le rendement du capital investi dans tous les secteurs. Les initiatives de renforcement des capacités des professionnels de la santé publique pourraient intégrer les perspectives du parcours de vie, de l'équité et des Autochtones, en s'appuyant sur les outils de formation et l'expertise existants dans l'ensemble des administrations. L'établissement d'un cadre commun favoriserait une conception plus cohérente des politiques, des décisions de financement et des mécanismes de responsabilisation.

Renforcer la base de données probantes pour la promotion de la santé mentale

La collaboration fédérale, provinciale et territoriale offre l'occasion de renforcer la disponibilité, l'uniformité et l'utilisation des données relatives à la santé mentale positive et à ses déterminants. Les partenaires pourraient travailler à l'élaboration d'approches plus coordonnées en matière de surveillance, y compris des mesures communes des résultats, une meilleure ventilation et une meilleure intégration des données dans le continuum de la santé mentale.

Des efforts conjoints pour élaborer et partager des approches de mesure du rendement et d'évaluation des programmes de promotion de la santé mentale appuieraient l'apprentissage dans l'ensemble des administrations et aideraient à démontrer l'impact. L'adoption d'une approche fondée sur un système d'apprentissage – où la surveillance, l'évaluation et les données probantes sur l'expérience vécue sont systématiquement intégrées – pourrait améliorer la réactivité et l'efficacité. Les plateformes de mobilisation des connaissances pourraient être mises à profit pour s'assurer que les données probantes sont accessibles et éclairent la prise de décisions.

Surveiller les domaines émergents d'intérêt commun

Les changements sociaux, technologiques et environnementaux rapides créent de nouveaux facteurs de stress qui affectent le bien-être mental dans toutes les administrations. Les partenaires fédéraux, provinciaux et territoriaux pourraient renforcer la collaboration pour surveiller les questions émergentes – comme les environnements numériques, les répercussions sur la santé mentale liées au climat, la déconnexion sociale et l'incertitude économique – et déterminer où les approches de promotion de la santé mentale peuvent renforcer la résilience et atténuer les risques.

La surveillance et l'échange d'information en collaboration permettraient aux administrations d'apprendre des recherches, des politiques et des interventions des autres, ce qui réduirait les chevauchements et accélérerait l'innovation. Les structures de gouvernance existantes en matière de santé publique pourraient être utilisées pour repérer les premiers signes de changement et coordonner les interventions, le cas échéant.

En conclusion

Le rapport souligne une occasion importante pour les partenaires fédéraux, provinciaux et territoriaux de faire progresser la promotion de la santé mentale grâce à une collaboration plus délibérée, à un langage et une compréhension communs de la promotion de la santé mentale et à une action coordonnée fondée sur des données probantes. En renforçant les fondements communs, en améliorant les données et en restant réactif aux nouveaux défis, la promotion de la santé mentale peut contribuer à améliorer le bien-être de la population, à réduire les inégalités et à rendre la société plus résiliente.

Pour obtenir le rapport complet, veuillez communiquer avec: MHPU-UPSM@phac-aspc.gc.ca

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